TEMPS CALME

Non, non, pas le temps calme que l’on propose aux enfants
Grandissant… Ils n’ont plus besoin de faire la sieste ou se refusent
À la faire. Et pourtant, leur réserve d’énergie s’épuisant vite,
Sans ce temps calme, de repos, de mise à l’écart à regarder un
Livre ou à écouter des histoires enregistrées… Sans ce temps calme
La soirée risquerait d’être orageuse ou pleurnicheuse !

Ce temps calme, au sens premier du terme, pour moi aujourd’hui,
C’était ce matin, aux environs de dix heures.
Je suis sur le remblai et… stupeur : je suis seule !

Personne sur la plage non plus, personne déambulant au ras de l’eau.
Des couvreurs s’affairent sur le toit d’une maison fraîchement
Réhaussée : leurs coups de marteau sont les seuls indices
Sonores de présence humaine, là, à ce moment précis.

La mer est basse, les trois épaves bien visibles, le massif d’hermelles
Bien à découvert. Au-delà du pont je distingue les éoliennes en mer.
Le sable est en nuance bicolore entre l’humide et le sec.
La mer est calme, comme un miroir, un tout petit bateau à moteur,
Deux passagers, stationné vers les épaves.
Le ciel est vaste, bleu assez clair, balayé par de grands traits de
Pinceaux, de brosses plutôt, de grands traits blancs dont le point
De fuite doit se situer au milieu du Gois.
La température matinale n’est pas trop fraîche, mais où s’est
Caché le vent ? Il a sans doute trouvé un bon refuge avec les oiseaux,
Absents eux aussi.

Tiens ! Un petit minois encapuchonné de rose me dévisage,

Je ne suis plus seule sur le remblai.

Fromentine, 27 avril 2026

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« Au fil de la vie, au gré des mots »