NOVEMBRE

Novembre débute avec les chrysanthèmes :
La mémoire des défunts et la célébration de tous les Saints
Allègrement se confondent.

Novembre a triste réputation : les jours raccourcissent,
Vent et pluie se déchaînent en tempête ou en
Bourrasques. Toutes faisant chuter les dernières feuilles
Résistantes.

On est encore loin de Noël, même si les enseignes
Déballent de plus en plus tôt calendriers de l’Avent,
Décorations diverses et suggestions en tous genres.
On est encore loin de Noël et les influences anglo-saxonnes
Encadrent le mois de novembre. Halloween fait déferler
Une cohorte de monstres, d’araignées, de sorcières, de citrouilles,
De vampires et autres fantômes jeteurs de sorts avant le premier
Du mois. C’est le dernier vendredi de novembre, le vendredi
Noir qui, lui, incite à dépenser sans trop compter.

Pour moi, novembre déroule sa farandole d’anniversaires.

Le plus jeune ouvre le bal, une de ses tantes le termine ;
J’en suis moi aussi, sans oublier ceux qui, à soixante ans
D’intervalle, partagent le même quantième du mois.

Alors, triste novembre ? Que nenni !

Les jours diminuant invitent à se lover au coin du feu,
Les jours diminuant invitent à délaisser les travaux d’extérieur
Pour privilégier des ouvrages dans la quiétude du domicile.
Si le vin chaud et les senteurs de cannelle ne sont pas encore
Au rendez-vous, châtaignes, coings, noix, vin nouveau
Et jus de pommes réjouissent les papilles.
On se sentirait presque l’âme à hiberner…

Les livres s’invitent aussi bien au bord de la plage, dans le jardin
Qu’autour d’une bonne infusion ou d’un bon chocolat chaud ;
Les pieds bien délassés dans les pantoufles, un châle sur les
Épaules pour repousser l’attaque d’un vent coulis.

Ce n’est sans doute pas sans déchirement que les arbres,
Abandonnant leur belle parure automnale, se dépouillent
En novembre.
Déchirement ou tour de notre imagination ?
Vent fou, bienvenu pour que les arbres, bien enracinés,
Puissent préparer, après un repos nécessaire,
La montée de la sève printanière.
Pluie cinglante, bienvenue pour la nature que l’été,
Voire l’automne, ont asséchée.

Novembre du leurre…
Sur le calendrier c’est en onzième et avant-dernière place
Qu’il se trouve et non à la neuvième !

Prenons-le au mot : novembre, neuf
Avec un regard neuf, envisageons ce mois
Pas tout à fait charnière entre l’automne
Et l’hiver.

Rodez, 23 octobre 2025

poe-vie.fr
« Au fil de la vie, au gré des mots »